Fondation Calvet
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Je soupçonne, je conjecture, je ne prononce point", écrit-il souvent dans ses dissertations. Un précepte qui va au-delà d'une prudence de bon aloi, d'une précaution bourgeoise mais qui s'élève au statut de devise dans l'esprit du physiocrate Calvet. Nous ne trouvons aucune autre affirmation d'un ordre si purement subjectif dans sa correspondance ou dans ses "Oeuvres", même à propos des médailles et des monuments romains, qui font pourtant l'objet principal de sa Correspondance et de son Cabinet. Non par curiosité, ou fascination aveugle pour une civilisation d'idolâtres, non par spéculations brillantes destinées à éblouïr des académies savantes comme chez Barthélémy, mais recherche de la vérité d'un "peuple" pour lequel il ressent une tendresse avouée. S'il faut voir bien sûr l'influence de Caylus- et aussi de Barthélémy pour lequel le médecin ne semble pas d'ailleurs avoir éprouvé une très grande amitié-dans la connaissance que Calvet eut de la civilisation égyptienne, ajoutons-y la part d'intuition, de flair que lui procure, vis à vis du phénomène égyptien, le sentiment réel qu'il a pour lui.