En 1811, un avignonnais, Esprit Calvet, grand amateur d’art et scientifique éclairé décide de léguer sa précieuse bibliothèque et l’intégralité de ses biens à l'institution qui lui succède et qui deviendra la Fondation Calvet.
Naissance de la Fondation
Esprit Calvet voulut que sa foi dans les vertus de l’éducation fut concrétisée par une institution offrant un lieu public d’accès à la Connaissance.
Allant au bout de ses intentions, Esprit Calvet annexe à la bibliothèque ses cabinets de médailles anciennes, son mobilier personnel, sa collection d’Histoire Naturelle et l’intégralité de ses biens immobiliers. Par son testament, plusieurs fois modifié, il crée un Conseil dit « des huit » chargé d’administrer ses biens, et impose à la ville d’Avignon, à titre de charges du legs, de pourvoir à toutes les dépenses d’entretien et d’hébergement de ses collections. C’est ainsi que naquit ce qui devait, au-delà peut-être des espérances de son fondateur, pérenniser son œuvre en devenant la « Fondation Calvet ».
Esprit pratique et sens social
Son sens pratique et sa volonté d’efficacité incitèrent Calvet à faire inscrire, dans les futurs statuts de sa bibliothèque, l’obligation d’y distribuer gratuitement papier et encre, pour que les lecteurs puissent, à leur guise, y relever des extraits d’ouvrage.
L’apport de l’abbé Dejean
Il serait juste de rendre hommage à l’abbé Dejean qui joua un rôle considérable dans l’organisation et la structure des diverses collections. Pierre- Bertrand Jean dit Dejean naquit à Barbentane dans les Bouches-du-Rhône, le 25 mars 1754. Professeur de mathématiques il rédigea divers Principes de géométrie et d’arithmétique.
Le classement des livres, médailles et objets de curiosité fut entrepris avec soin et rigueur par l’abbé scientifique qui rédigea en outre le catalogue complet des collections et celui des médailles. Dejean s’occupa également du Musée Calvet dans le procès de la Condamine. En reconnaissance, le Conseil des huit le nomma, en 1814, conservateur du Musée Calvet. L’abbé a maintenu sa fonction de Conservateur jusqu’à sa mort, le 3 octobre 1823.
Description du musée Calvet en 1836 et du contexte dans lequel s’insérait le Médaillier d’Esprit Calvet
Voici comment Alphonse Rastoul décrit le musée qui abritait le Médaillier à cette époque.
« Une grande et belle cour qui attend une porte de fer conduit au vestibule où sont exposés d’un côté quelques monuments de l’art au moyen âge, et de l’autre des amphores et des
inscriptions antiques. A gauche se trouve la salle des antiques où tout est disposé avec un goût exquis, d’abord les monuments grecs et romains, ces derniers provenant tous des fouilles opérées dans le département de Vaucluse puis vient une galerie étroite consacrée aux souvenirs du moyen âge et éclairée par des vitraux gothiques, enfin, sur la cour, des monuments égyptiens. En face, la bibliothèque qui occupe plusieurs salles prenant jour sur le jardin. Au premier étage se trouve la galerie de tableaux, les gravures, les figurines, lampes, statuettes, momies, les manuscrits au nombre de 750 et les médailles qui s’élèvent au chiffre énorme d’environ 15 000.
Les débuts d'une collection, 1743-1760